Hebdomadaire Le Résitant du 4 octobre 2012

« Après 12 ans passés à suivre et conseiller grands crus, caves particulières, unions de producteurs et négoces, l’œnologue Cécile Mesure a lancé sa propre société de conseil en production vitivinicole: Oenomaîtrise. Rencontre.

Anne-Marie CHARIOL

Le ballet des tracteurs et tombe­reaux, des machines à vendanger a commencé dans le vignoble gi­rondin depuis quelques semaines déjà, avec des blancs et rouges qui promettent. C’est le grand boum dans les chais et les caves. C’est aussi le grand boum dans les laboratoires viticoles et chez les œnologues qui ne chôment pas. II en est ainsi pour Cécile Me­sure qui a lancé il y a quelques mois «Oenomaîtrise», sa propre société de conseil en production vitivinicole. « C’est un consulting novateur basé sur la maîtrise de nombreux process œnologiques et la mise en valeur de toutes les matières premières», précise celle qui désormais vole de ses propres ailes, avec de solides références. Son diplôme d’œnologie en poche, Cécile Mesure a commencé, en effet, à travailler aux côtés de Jean­ Claude Berrouet, elle ne pouvait trouver mieux dans la région pour son apprentissage de la dégusta­tion et du savoir-faire en matière d’analyse, de conseils et pratique vinicole. Puis elle travaille dix ans dans une entreprise spécialisée dans la gestion des nouvelles tech­nologies dans le monde viticole, société dirigée par Patrick Ducour­nau, autre référence dans le milieu.

Qualité, fraîcheur
et équilibre

À suivre et conseiller grands crus (château Tertre-Roteboeuf chez François Mitjavile en saint-émilion, château Haut-Bonneau chez Sa­rah et Bruno Marchand en Mon­tagne-Saint-Emilion), caves viticoles (Rauzan, Union de Guyenne, Ruch, Vignerons de Sigoules et Hauts de Montrouge à Nogaro), et aussi une bodega du Douro supérieur au Portugal, Cécile Mesure s’est toujours attachée à conseiller au mieux les viticulteurs, avec pour leitmotiv de rester indépendante des fournisseurs de produits phyto­sanitaires et œnologiques.

Son seul objectif est de «construire des vins riches en personnalité, exempts de défauts tout en ayant complexité aromatique, fraîcheur et équilibre ».

«Quand je commence mon conseil je ne bouleverse pas tout, j’ana­lyse les forces et les faiblesses de chaque produit avec le propriétaire et après une sorte d’audit je trace un plan d’action, prioritairement dans le chai », précise Cécile Mesure soutenue dans ses propos par un de ses clients, Bruno Marchand qui apprécie cet échange corres­pondant plus à son attente d’un conseil. « Ce n’est pas un métier où on fait juste des constats en labo, témoigne Bruno Marchand, cela ne correspond plus à nos attentes, je recherchais une personne pour me conseiller tout en ayant un souci sur l’aspect économique des actions en­treprises sur la propriété. On peut faire là même recette sur toutes les appellations, la même recette distillée ». «Il est important d’avoir des résultats concrets, mesurables én terme de qualité du produit et coût de revient, il faut toujours progresser en faisant de la veille scientifique », ajoute Cécile Mesure. Dans les vignes, elle privilégie le préventif au curatif, essaie toujours de mieux connaître les potentia­lités du vignoble pour en mieux maîtriser le produit et réagir au bon moment. En maîtrisant l’état sanitaire des baies, elle sait qu’elle optimisera les qualités de chaque raisin. Après, elle suit des schémas adaptés à chaque propriété ou cave, en préservant le fruit jusqu’au conditionnement puis en maîtrisant la stabilité microbiologique. «ll est important aussi de savoir déguster, il le faut pour ne pas déraper, dit­-elle encore. Son objectif: «éviter toute standardisation et éviter les vins sans identité, sans élégance, lourds, au fruit blette et au boisé excessif». »

par Sarah


À propos

Portrait de Sarah et Bruno Marchand Tout le savoir de Sarah et Bruno se trouve dicté par de longues traditions familiales remontant à 1822, date à laquelle les premières vignes furent plantées au Château Haut Bonneau au coeur d'une des premières régions viticoles au monde... Depuis 1999, Sarah et Bruno ont oeuvré au rapprochement de l'exploitation en AOC Bordeaux rouge héritée du grand père avec celle en AOC Montagne Saint Emilion. 2002 la reprise de l'exploitation familiale de Haut Bonneau, puis en 2008 la création d'une SCEA d'exploitation ont permis cette année d'y ajouter 2 Hectares de vigne en AOC Montagne St Emilion.